La boîte à mouchoirs, un objet du quotidien

LE RETOUR DES OBJETS DÉSUETS


LA BOÎTE À MOUCHOIRS, UN OBJET DU QUOTIDIEN

Par Sylvain Marcoux

Découvrez ici comment ont été habillé de beau les emballages en carton des boîtes à mouchoirs en papier. Découvrez aussi qui a inventé la première boîte distributrice…

Déf. – Accessoire essentiel pour maintenir l’hygiène. La boîte offre un accès facile aux mouchoirs tout en les protégeant de la saleté et des contaminations

« Elle s’approche d’une boîte de kleenex pour se servir, la mère se lève précipitamment pour l’en empêcher. »                                       Cahiers de psychologie jungienne, 2016, Élisabeth Conesa

La Boîte à mouchoirs – un objet du quotidien

Il y a des objets que l’on pose sur une table de nuit, un bureau ou un meuble de salle de bain sans vraiment y prêter attention. La boîte à mouchoirs en fait partie et permet avant tout de dissimuler les vilains emballages en carton. Artisans, designers et créateurs s’en sont emparés pour en faire un objet de décoration, capable d’affirmer un style, de raconter une histoire et d’embellir un intérieur ou même de rendre l’invisible objet beau.

So décoratif !

Tout a commencé par un constat simple : pourquoi laisser traîner sur son bureau une boîte en carton imprimée de motifs génériques ? C’est cette question qui a poussé des artisans à imaginer des contenants alternatifs. En bois sculpté, en céramique émaillée, en cuir cousu main ou en tissu brodé, ces boîtes habillées transforment l’ordinaire en extraordinaire. Elles s’intègrent discrètement à la décoration et deviennent parfois le détail qui fait la différence dans un aménagement intérieur soigné.

So artisanat !

Ce qui distingue une boîte à mouchoirs artisanale d’un produit de grande surface, c’est avant tout la main de l’homme et de la femme qui l’a façonnée. Chaque pièce est unique ou produite en très petite série. Fabriquées à la main, elles mettent en valeur des matériaux nobles tels que le bois massif, le rotin, le bambou, le cuir ou encore la céramique. Le bois est sélectionné pour ses veines et ses teintes naturelles, la céramique est tournée et émaillée à la main, le tissu est choisi pour sa texture et ses motifs. Certains artisans vont jusqu’à personnaliser leurs créations sur commande, intégrant initiales, motifs floraux ou géométriques selon les désirs de leurs clients.

En France comme à l’étranger, des ateliers se sont spécialisés dans cet objet singulier. On trouve des créations inspirées du Japon, avec ses laques et ses motifs épurés, mais aussi des pièces résolument contemporaines jouant sur les contrastes de matières — métal brossé et bois brut, béton ciré et laiton doré.

So design !

Le design s’est lui aussi intéressé à la boîte à mouchoirs. Des studios de création ou des maisons de luxe proposent des versions géométriques, minimalistes ou très sculpturales, pensées pour dialoguer avec le mobilier contemporain. La boîte devient alors un objet de design au sens plein du terme : fonctionnelle, belle, et esthétique.

Certaines éditions limitées sont même devenues des objets de collection, signées par des designers reconnus ou produites dans des matériaux rares. Elles s’offrent, se chinent, se transmettent.

Dans un monde où l’on cherche de plus en plus à ralentir, à entourer son espace de belles choses et à soutenir les savoir-faire locaux, la boîte à mouchoirs artisanale incarne à sa manière cet art de vivre retrouvé. Preuve que l’élégance peut se nicher partout -même dans les petits mouchoirs.

En France comme à l’étranger, des ateliers se sont spécialisés dans cet objet singulier. On trouve des créations inspirées du Japon, avec ses laques et ses motifs épurés, mais aussi des pièces résolument contemporaines jouant sur les contrastes de matières — métal brossé et bois brut, béton ciré et laiton doré.

Boîte à mouchoirs

So Kleenex !

Impossible de parler de boîte à mouchoirs sans évoquer la marque qui a tout inventé. Kleenex est une marque créée par la société Kimberly-Clark aux États-Unis en 1924. À l’origine, les mouchoirs Kleenex n’étaient pourtant pas destinés à se moucher : ils étaient vendus comme un produit jetable permettant aux femmes d’enlever leur maquillage, notamment les « cold cream » très utilisées à l’époque.

Dans les années 1920, Kimberly-Clark reçoit de nombreuses lettres de clients expliquant qu’ils utilisent les feuilles de papier pour se moucher plutôt que pour se démaquiller. L’entreprise réalise alors une étude marketing et découvre qu’une grande partie des consommateurs détourne déjà le produit de son usage initial. Elle décide donc de repositionner Kleenex comme mouchoir jetable pour l’hygiène personnelle. Les ventes explosent.

L’histoire de la boîte distributrice

La boîte est devenue presque aussi célèbre que le produit lui-même. Avant Kleenex, les mouchoirs en papier étaient souvent vendus en paquets peu pratiques. Kimberly-Clark développe progressivement une boîte distributrice permettant de retirer les mouchoirs un par un. L’une des innovations majeures est le système de pliage imbriqué – interfold : lorsqu’on tire un mouchoir, le suivant se présente automatiquement à l’ouverture de la boîte. Ce principe est encore utilisé aujourd’hui dans de nombreux distributeurs de mouchoirs, serviettes ou essuie-mains.

Au fil des décennies, la boîte Kleenex est devenue un véritable objet du quotidien, déclinée en boîtes décorées, éditions saisonnières, formes adaptées à la maison, au bureau ou à la voiture, et même en distributeurs réutilisables dans lesquels on insère une recharge.

Aujourd’hui, dans plusieurs pays, le mot « Kleenex » est devenu un nom commun utilisé pour désigner n’importe quel mouchoir en papier, même lorsqu’il ne s’agit pas de la marque originale. Un destin rare, réservé aux objets qui s’imposent si naturellement dans nos vies qu’on finit par oublier qu’ils ont une histoire — et un nom de famille.

Un détail amusant : le nom Kleenex vient de la combinaison de « clean » (propre) et du suffixe « -ex », déjà utilisé par Kimberly-Clark pour son autre produit phare de l’époque, Kotex.

Quelques exemples de boîtes à mouchoirs revisitées

Boîte à mouchoirs Formwork par Sam Hecht et Kim Colin, pour Herman Miller, boîte  rectangulaire par Pierre Yovanovitch, pour Dior, Pousse de Tilleul par la maison Sarah Lavoine, Birillo par Piero Lissoni, pour Alessi…

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