06 Août New York et la chaise Bistro, une love story
LE DESIGN DANS LES VILLES
New York et la chaise Bistro, une love story
Quand une « petite » chaise fabriquée dans le département français de l’Ain se déplie partout dans le monde, de Londres à Singapour, de Prague à Johannesburg jusqu’à New York…


Depuis juillet 2026, le fabricant de mobilier extérieur Fermob a fait débarquer une nouvelle cargaison de ses célébrissimes chaises à New York. Direction, la 34e Rue et les espaces piétons du Times Square, au cœur de Manhattan, à l’intersection de Broadway et de la 7e Avenue, où viennent d’être dépliées les chaises Bistro de couleur rouge. Pas moins de 1 200.

Tout a commencé au tout début des années 90’ à Bryant Park, dans ce qui n’était pas encore l’espace vert du grand quartier d’affaires de Manhattan, le Midtown. Quand il s’est agi de réhabiliter le secteur jugé mal famé, on a pensé à installer du mobilier urbain mobile. Des chaises par exemple. Et des chaises français Fermob, toujours fabriquées comme par le passé dans le département de l’Ain. Pour permettre aux gens de s’approprier l’espace et faire fuir la délinquance. Des chaises pliantes en acier couleur vert cèdre, appelée aussi vert wagon ont été commandées à Fermob.
Commençait alors une belle histoire d’amour entre la marque française originaire du département de l’Ain et la Grosse Pomme. Près de 3000 nouvelles assises, ont été commandées par la gestionnaire du parc.

Le saviez-vous ?
La chaise Bistro est née en 1889, la même année que la Tour Eiffel, aime à rappeler Bernard Reybier, qui a repris, à la toute fin des années 80’, l’ancien atelier de la famille Sénégal, artisans du fer de père en fils dans le département de l’Ain, entre les communes de Thoissey et Saint-Didier-sur-Chalaronne.

La chaise Bistro, quelle histoire !
Hasard des dates. Célébrant à la fois le centenaire de la Révolution française et l’ère du fer et de la modernité, la « dame de fer » a été inaugurée en même temps qu’un certain Edouard Lelercc déposait le brevet de sa chaise pliante au nom de « Simplex ». En métal pliant, articulée en forme de X, elle allait offrir aux limonadiers et autres lieux de boissons une chaise aux multiples qualités. Robuste, légère et facile range. Un seul geste, et hop ! la chaise disparait des terrasses, ce qui évite aux patrons de cafés de payer des taxes pour les terrasses fixes. Que du bonheur !
De la chaise « Simplex » au mobilier de jardin …
Mais la chaise Simplex n’était pas faite que de fer. Si la structure croisée était déjà fabriquée en acier, ses lattes étaient en bois, qu’il fallait repeindre. N’empêche, ce sont les compagnons de l’entreprise Sénégal, maréchaux-ferrants de père en fils qui se chargent de la produire. C’est que voyant les automobiles remplacer peu à peu les voitures à chevaux, ils décident de s’orienter vers la ferronnerie et le mobilier de jardin.
… Jusqu’à la chaise Bistro
Dans les Années 50’, les voilà qui rachètent les droits du brevet Simplex. Puis, en 1977, à la mort du dernier fils Sénégal, l’entreprise est achetée par un fabricant de parapluies et parasols. Qui la renomme Fermob. La bien nommée ! L’arrivée du plastique aurait pu la mettre à mal ! Mais elle est reprise à la toute fin des années 80’ par un entrepreneur dans l’âme qui a passé toute son enfance et adolescence dans la région de l’Ain et de la Haute-Savoie. Bernard Reybier a un coup de cœur pour cet ancien atelier et pour le fer – Le fer, cette « matière à idée », selon la formule de Gustave Eiffel – et une idée de génie : rebaptiser la chaise sous le nom de « Bistro » et la proposer entièrement en version métallique. En acier toute. Et progressivement dans toutes les couleurs, plus vives les unes que les autres.
Aujourd’hui, cette explosion de couleurs s’exprime dans un nuancier riche de 25 coloris répertoriés en grandes familles chromatiques : six nuances de blanc et gris, six de vert, quatre nuances de bleu, cinq jaunes et ocres et six teintes rouges, roses et brunes.

Restez assis pour ne pas tomber de votre chaise !
Iconique aux USA, la chaise Bistro a bien du mal à se déplier sur les espaces publics du territoire français. On en trouve à Toulouse, à Thoissey forcément, où bat le cœur industriel de la marque, mais nulle part dans les grandes villes de l’Hexagone. Bernard Reybier le regrette. Et le Dessous des Objets de poser la question : et si les municipalités françaises étaient plus frileuses que New York à l’idée d’installer sur leurs places publiques des chaises libres, légères et donc déplaçables…
Aucun commentaire