13 Août Designathon, quand la jeunesse redessine la planète…
LE DESIGN À L’ÉCOLE
Designathon, quand la jeunesse redessine la planète
A Amsterdam et dans le monde entier, quand des enfants de 8 à 12 ans rivalisent d’ingéniosité pour concevoir un monde meilleur grâce au design.

Les pays leaders dans l’enseignement du design à l’école sont ceux où l’on pense depuis longtemps que le design n’est pas seulement la production d’objets et d’accessoires mais une discipline qui peut permettre de contribuer à construire un monde meilleur, plus équitable et plus responsable. Mais de là à inventer un Designathon, il fallait y penser. Depuis 2014, les hollandais l’ont fait !
Le designathon à Amsterdam

Concrètement, plus de 400 écoles primaires hollandaises ont intégré la résolution de problèmes par le design et utilisent ce qu’ils appellent la méthode Designathon. Les enfants y apprennent à concevoir et concevoir des prototypes technologiques, mariant design, impression 3D et robotique. Cette méthode conçue par la fondation Designathon Works est une approche éducative innovante mise au point pour résoudre des enjeux mondiaux liés au développement durable notamment et pour permettre aux enfants de 8 à 12 ans d’inventer des solutions concrètes et concevoir des prototypes pour répondre à des défis sociétaux ou environnementaux mondiaux. L’objectif principal est de transformer les élèves en « acteurs du changement ».
Du vivre ensemble à la bienveillance
Quelques exemples. 300 écoliers amstellodamois (oui c’est ainsi que sont appelés les habitants de la ville d’Amsterdam), ont été réunis en 2020 par la fondation Designathon Works, la Fondation de la bibliothèque publique d’Amsterdam (OBA) et l’institut Waag autour de la thématique du « vivre ensemble ». Ou « comment devenir un citoyen du monde réel ?

Comment pouvons-nous relier tous les citoyens d’Amsterdam ? Comme le précisait alors Martin Berendse, directeur de de Fondation de la Bibliothèque publique de la ville « avec autant de personnes, de cultures et de langues différentes à Amsterdam, il est important que nous nous entendions bien. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. La question s’est donc posée : comment relier tous ces citoyens d’Amsterdam les uns aux autres ? Qui de mieux que les enfants pour poser cette question ? Ils peuvent vraiment nous surprendre. Les enfants pensent toujours librement, rien ne leur est impossible et, par conséquent, ils proposent des idées et des conceptions rafraîchissantes ».
La Fondation de la bibliothèque publique d’Amsterdam (OBA)
Waag Futurelab. Cet institut de recherche sur la technologie, la société et les arts fait la promotion du design et numérique éthique.

Des idées plein la tête pour Amsterdam
Quand des enfants de 8 à 12 ans rivalisent d’ingéniosité pour concevoir des prototypes concrets, avec du carton, des objets recyclés et des composants électroniques de programmation, cela donne par exemple des concepts parfois futuristes mais bien concrets, comme ceux-là :

A Amsterdam, ville fluviale cyclable et multiculturelles, il a été proposé le Trash-Boat, une maquette de bateau nettoyeur pour les canaux d’Amsterdam. Équipé d’un capteur de distance et d’un bras articulé, il détecte les emballages plastiques flottants et les stocke dans une benne intégrée sans bloquer le trafic des bateaux de tourisme. Ou encore des pistes cyclables phosphorescentes et musicales. Pour encourager la mobilité douce en hiver où il fait nuit très tôt, des enfants ont prototypé une piste dotée de capteurs de pression au sol : quand le vélo passe, i déclenche des lumières LED colorées et une mélodie pour rendre la sécurité routière ludique. Autre idée pour combattre l’isolement dans une grande ville : le Connect-O-Meter, une borne interactive pour les parcs d’Amsterdam., où les passants de cultures ou de langues différentes peuvent sélectionner un jeu ou une thématique pour s’installer ensemble sur des bancs publics connectés… Ou encore le robot de supermarché, installé dans les rayons pour conseiller les clients en temps réel avec l’espoir de guider les acheteurs vers des alternatives végétales à empreinte carbone réduite pour remplacer la viande.
Pour le Designathon 2025, les enfants ont planché sur le thème « Planète Vivante – Villes et Communautés Résilientes ». Afin de réfléchir à la façon dont la nature, les êtres humains et toutes les formes de vie peuvent coexister harmonieusement au sein des espaces urbains et ruraux.
Quant à l’édition 2026 placée sous le thème de « La Bienveillance Planétaire : petites actions, grande différence », il était question du partage de la parole, du respect mutuel et de l’écoute interdisciplinaire entre les jeunes inventeurs…
De la ville d’Amtserdam au monde entier
Mais bien évidemment, de telles thématiques n’interrogent pas seulement les enfants d’Amsterdam, mais ceux du monde entier. Aussi, d’Amsterdam à Bogota, de Nairobi à Katmandou…, le design déferle sur le monde. Avec dans le même temps, un Designathon mondial, invitant plus de 1200 enfants dans 40 villes et 25 pays dont la France via l’association Eutopique.

Les prototypes qu’ils ont imaginés ont tenté d’apporter des solutions concrètes en proposant des éco-quartiers flottants, des écoles en pleine forêt, des centres communautaires alimentés à l’énergie solaire ainsi que des systèmes de transport sécurisés et écologiques…. Et bien d’autres solutions pratiques en matière d’éducation de qualité, d’égalité des sexes, de lutte contre le changement climatique… Ce ne sont pas les sujets qui manquent ! Et chacun d’imaginer une solution, de la dessiner et de fabriquer un prototype à l’aide de carton, de mini-moteurs, de capteurs ou de cartes micro-bit pour donner vie ses maquettes en carton…

Des idées plein la tête, du côté de la France
En France, le Designathon, principalement coordonné par l’association Eutopique, est souvent hébergé à la House of Codesign. Là aussi, les idées fusent !
A commencer par la Cantine Zéro-Gaspi anti-fourmis et l’Abribus Hôtel à oiseaux. Le premier est un bac à compost de cantine scolaire automatisé qui, une fois les déchets pesés, distribue des points à l’école et utilise des ultrasons intégrés pour repousser naturellement les insectes sans aucun produit chimique. Le second est un dispositif qui modifie les abribus parisiens pour augmenter la biodiversité en pleine métropole. Le toit intègre un récupérateur d’eau de pluie filtrée et des mini-cabanes connectées pour nourrir les oiseaux urbains, tout en rafraîchissant l’air pour les usagers en dessous. Quant au projet de salle de bain éco-responsable, la Ceinture de sécurité Anti-Gaspi d’eau, c’est un bracelet connecté à la douche. Si l’enfant reste sous l’eau plus de 5 minutes, le bracelet vibre doucement et une petite barrière mécanique vient réduire la pression de l’eau pour forcer l’économie.

La House of Codesign ? Késako ?
Spécialisée dans le conseil en innovation collaborative, la transformation sociale et la transition environnementale, la House of Codesign s’adresse principalement aux grandes entreprises comme L’Oréal, Bouygues ou Vinci et aux institutions publiques pour les aider à concevoir des projets.
Située au 10 Rue des Entrepôts à Saint-Ouen, la House of Codesign dispose d’un espace éco-responsable de 240 m² dont le mobilier est presque intégralement fabriqué à partir de matériaux recyclés. Elle accueille des initiatives éducatives et la version française du Mondial Designathon.

De par le monde, des idées à gogo…
Non ce n’est pas un inventaire à la Prévert mais bien une foule de projets imaginés par des enfants de 8 à 12 ans de par le monde. Un frigo communautaire solaire, un extracteur de graines intelligent Une allée d’arbres dépolluante, un camion à biogaz circulaire, une maison urbaine « Green Room »
Le robot de supermarché (Amsterdam) et le frigo communautaire solaire…
En savoir plus

Aucun commentaire