Les années 80’, c’est la création et la fête au pouvoir

LES ÉPOPÉES


Les années 80’, c’est la création et la fête au pouvoir

Avec Francesca Giuliano, chercheuse en anthropologie sociale

Dans les années 80’, on « design » tout. Même les pâtes ! C’est festif, coloré, impertinent et décalé ! Mais on invente beaucoup aussi !

Les années 80’
La fête et la création au pouvoir

Proches et à la fois lointaines, les années 80 résonnent particulièrement fort dans l’histoire parce qu’elles ont enfanté dans le monde des bouleversements immenses. Cela commence par l’arrivée en France de la gauche au pouvoir avec l’élection en 1981 de François Mitterrand. Cela se termine en Europe en 1989 par la chute du mur de Berlin et la révolte de la Place Tiananmen à la Place Tian’anmen à Pékin. C’est la dernière décennie d’un monde bipolaire et la fin de la Guerre froide. 

Ces bouleversements sont portés par une économie florissante dans certains pays, une décroissance dans d’autres et partout par une effervescence créative. Oui, partout ça bouge, ça change et c’est créatif et festif. Partout. Dans les modes de vie, la musique, la mode, le design, l’architecture… Le dessous des Objets vous invite à rétropédaler dans le monde du design de ces années 80’.

Liberté et créativité au pouvoir

On n’est pas politiquement correct. On n’est pas sérieux. L’on ne se prend pas au sérieux. Quand on revoit les images télévisuelles, on n’y croit à peine. On hallucine, comme on dit aujourd’hui. Dans le 13 heures de TF1, Mourousi joue à fond l’impertinence. Allez jeter un œil dans les Archives de l’INA, vous n’en reviendrez pas ! Le chanteur Daniel Balavoine, lui, se fâche méchamment sur le plateau de Midi 2 avec le futur Président de la République. Dans Droit de réponse de Michel Polac, on s’invective et l’on fume. Presque pareil chez Bernard Pivot. Et l’arrivée de Canal Plus, de la Cinq et de TV 6, la future M6, va encore secouer davantage la lucarne…

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00000249/images-vertes-et-coq-sur-le-plateau-du-journal-presente-par-yves-mourousi

Dans la presse écrite, à commencer par Libération et Le Matin, on n’a même pas l’idée de penser que l’on n’est pas libre… Et si on n’est pas totalement libre, on est indépendant ! Du reste, libres, les radios le deviennent… Dont la célébrissime Radio Nova ! Créée par Jean-Michel Bizot, le créateur du magazine Actuel, en 1981 ! 

Et dans la vie, c‘est la même chose, on est également libre d’être là où l’on veut être. Pas joignables. Pas localisables. Personne, pas même nous-mêmes, ne se charge de nous surveiller ! Même si plus tard, le Président installera des écoutes téléphoniques…

On est libre aussi de faire la fête et l’on ne s’en prive pas dans les grandes capitales européennes.  Si l’on veut ! Car comme le dit la chanson : Chacun fait, fait ce qu’il lui plait, plait ».

Quant à la mode, elle en envoie de toutes les couleurs. Le rose fushia, le vert émeraude, le jaune citron et le bleu cobalt, ça claque ! 

Côté design, la rigueur industrielle des designers des Trente Glorieuses est bousculée par une création éclectique, hybride et souvent contestataire. Le meuble se libère aussi. Partout, c’est le télescopage de l’essentiel avec l’inutile, de l’élégance avec le kitch et de l’utile avec la jubilation.

Bien sûr, cette liberté qui déferle s’accompagne aussi de paradoxes, et dans ce souffle de liberté qui déferle l’on voit aussi apparaître les « années fric », quoique l’on célèbre alors plutôt la réussite que l’argent même si les deux vont souvent de pair… Le chômage n’explose pas mais ce n’est plus non plus le plein emploi, la crise du pétrole s’installe, le Sida va bientôt faire des ravages…

Pourtant, rien ne semble entamer le dynamisme, l’enthousiasme et l’envie de vivre à toute allure ! 

Mais, alors, le design, dans tout ça ?  On y arrive

↑ retour au sommaire


Années 80’, si j’étais un décor…

Je m’appellerais design et je serai omniprésent, presque une star !

Le design a beau vouloir se renouveler et se poser des questions quant aux effets pervers de la consommation, le design des années 80 est fortement marqué par l’individualisme et propose ainsi une infinité de styles différents, presque autant que d’individus. Il est donc à la fois éclectique, parfois contestataire, expérimental, décoratif, post industriel, selon les pays.

On « design » même les pâtes !

Le design est un outil de communication et le designer est une star. Tous les produits sont « designés », même les pâtes ! Exemple en Italie : le designer Giorgetto Giugiaro, le designer phare des grandes marques automobiles, est appelé par la filiale du groupe alimentaire de Naples, Barilla, pour créer une nouvelle pâte : la Marille, directement inspirée de la coupe transversale d’un joint de portière de voiture Présentée au public au Domus Center de Milan, lors d’un somptueux événement conçu et réalisé par le designer Alessandro Mendini, la pâte est un échec commercial mais contribue à la notoriété de Giugiaro !

En Italie, on nage dans le postmodernisme décalé, avec le Groupe de Memphis mené par le designer Ettore Sottsass. Memphis parce qu’un soir de 1980 à milan, une joyeuse bande de designers et d’architectes chantait «Stuck inside of Mobile with the Memphis blues again » de Bob Dylan ! On crée des objets kitch des années cinquante pour rendre le design à la fois plus identitaire et plus populaire et surtout libéré des règles. C’est à la fois l’anti-design, le design radical, l’esbrouffe ! Et du côté des Anglais, le Post-industriel triomphe, avec le mariage de l’art, du design et de l’artisanat dans la tradition du mouvement Arts and Crafts.

Le saviez-vous ?
Le réaménagement de l’ancienne gare d’Orsay en musée, on le doit à une belle équipe de design designers, architectes et scénographes italiens sous la direction de la designer et architecte italienne Gae Aulenti. (sauf le graphiste Jean Widmer qui, lui, était Suisse)

Le design en France, arme politique ?

En France, avec l’action culturelle conduite par François Mitterrand et Jack Lang, son ministre de la Culture, le design marque le symbole de la puissance économique et culturelle et devient une arme politique. Les grandes commandes de l’État en sont la preuve : réaménagement de la Gare d’Orsay par Gae Aulenti, la modernisation des appartements privés du Palais présidentiel de l’Élysée avec Mitterrand qui sollicite comme l’avait fait Pompidou en son temps designers et créateurs : Marc Held, Ronald-Cecil Sportes, Annie Tribel, Jean-Michel Wilmotte. Marc Held conçoit les intérieurs et le mobilier du salon de l’appartement du President à l’Élysée. Sylvain Dubuisson fera le bureau de Jack Lang, etc… Le design est le mot à la mode, le mobilier est porté aux nues et les objets sont ultra médiatisés, même si paradoxalement, on achète moins de meubles.

Partout, on fête le goût du chic français. En septembre 1983, la grande chaîne de magasins américaine Bloomingdale’s célèbre l’élégance parisienne grâce à des expositions de haute couture, l’installation éphémère du bar à vin parisien L’Écluse et une collecte de fonds pour Giverny dans une « grande Fête de France », la plus grande promotion culturelle et commerciale de l’histoire du magasin. Grandiose ! Avec comme invités d’honneur, les créateurs Hubert de Givenchy et Marc Bohan (Dior).

Les belles créations tricolores : le TGV et le Minitel

Le designer Français Roger Tallon dessine le TGV dont la première ligne Paris-Lyon est ouverte au public le 27 septembre 1980. Quant au Minitel, quelle invention ! A la fin des années 70, Bernard Marti invente, entre Rennes et Cesson-Sévigné en Ille-et-Vilaine, le précurseur d’Internet, le Minitel (pour Médium interactif par numérisation d’information téléphonique) commercialisé en 1980.

Cette invention hisse la France au premier rang de la télématique mondiale, offrant près de 25 000 services : annuaire, réservation de billets de train, transfert bancaire, météo, vente par correspondance, messagerie rose… C’est l’époque des 3615, 3611, etc.

Et évidemment, le premier Macintosh !

Lancé par Apple le 24 janvier 1984, exactement.

Mais deux jours avant est diffusé le spot 1984 réalisé par Ridley Scott qui dépeint un monde dirigé par un Big Brother, inspiré par le roman 1984 de George Orwell. Une athlète inconnue, incarnant le Macintosh (illustré par la présence du logo « Picasso » du Macintosh), vient libérer à l’aide de son marteau le monde de l’industrie informatique trop dominé selon Jobs par IBM. La suite, on la connaît !

Quelques objets phares
La célèbre étagère Carlton de Sottsass – le rococo fauteuil Proust de Mendini (même s’il date en réalité de 79) – La bouilloire conique au sifflet en forme d’oiseau de Michel Graves – la lampe Super de Martine Bedin – la chaise Palais Royal de Wilmotte, une commande de la caisse nationale des Monuments historiques pour les jardins du Palais Royal – la Chaise Barbare de Garouste et Bonetti, présentée pour la première fois à la Galerie Jansen en 198, la Swatch, la montre suisse lancée le 1er mars 1983 à Zurich, et conçue par trois horlogers Ernst Thomke, Elmar Mock et Jacques Müller, avec comme objectif de proposer une montre en plastique très simple à produire et à assembler et donc très peu chère, le fauteuil Rover du designer Ron Arad et les multiples chaises Starck…

La poésie d’Elisabeth Garouste

En 1980, Fabrice Emaer, le grand orchestrateur de la boite de nuit Le Palace, rue du Faubourg Montmartre (Paris 9e) sollicite Le peintre Gérard Garouste pour décorer le restaurant du Palace, le Privilège. Gérard Garouste suggère à sa dulcinée Elisabeth Garouste, qui a fait ses classes à l’École Camondo de s’occuper de la décoration. Elle travaillera avec Mattia Bonetti avec qui elle va s’associer.

La Chaise barbare, en 1981 ou la revanche des arts décoratifs, c’est elle. Une chaise en fer martelée et en peau de bête tendue. La mise en scène très théâtrale du Privilège, avec ses masques en plâtre, ses colonnes couvertes de drapés et ses sièges capitonnés remporte un grand succès. Garouste et Bonetti sont appelés les Barbares ! Tant ils s’opposent aux architectes minimalistes et aux designers qui ne jurent que par le tout industriel, et le tout plastique. Ils signent ainsi le retour aux arts décoratifs, à un mouvement plus ornemental et plus baroque ! Et ce n’est alors pas très bien vu, car le mot d’arts décoratifs est presque péjoratif !

Le pétulant inventeur du design créatif et démocratique, Philippe Starck

Designer phare des années 80, il est aujourd’hui le designer français le plus connu de toute la planète. Le premier, avec le Café Costes, inauguré en 1984 au cœur de Paris, à avoir créé enfin un lieu où l’on se sent enfin à l’aise, jusque dans les toilettes ! Si c’est pas démocratique, ça ! Même si tout le monde n’allait pas chez Costes, à l’époque.

Pour le Café qui va devenir, avec le Café Beaubourg, « The Place to Be » à Paris, il imagine aussi un fauteuil avec un piétement à 3 pieds, ce qui réduit l’encombrement au sol et favorise une meilleure circulation des clients et des serveurs. 

Trois pieds pour un fauteuil, c’est une plaisanterie ? Non, non. Et Starck de s’en expliquer avec sérieux et humour, comme toujours.

Quatre ou trois pieds, selon Starck

« le quatrième pied est une redondance. Le tripode crée une tension. Un siège à trois pieds a évidemment un esprit différent. Il demande plus d’attention, une plus grande participation, plus d’exigence intellectuelle et sensuelle de la part de l’utilisateur. Il y a un début de rapport avec la personne qui va s’asseoir. Se balancer sur un tripode, c’est plus dangereux, mais plus rigolo ».

Et dans cette décennie 80, Starck est un designer prolifique, comme il va d’ailleurs le demeurer. Et le plus protéiforme. Après son Richard III pour la salle de lecture de l’appartement de François Mitterrand à l’Élysée, il va créer, non sans humour (qui le caractérise) le Fauteuil J. à trois pieds, appartenant à la série « Lang », puis enchaînera toute une série de chaises, pour le Parc de la Villette, l’Hôtel Royalton de New York (la Royalton), la chaise Tessa Nature, la Miss Wirt, etc. 

Au-delà du design, Philippe Starck est peut-être cet artiste qui procéderait du démiurge, comme l’affirme Michel Onfray dans Ecrits sur Starck, un ouvrage publié en 2003 à l’occasion d’une exposition qui a eu lieu au Centre Pompidou, à Paris. Démiurge ? Le mot lui sied. Pas seulement parce qu’il crée intensément. Mais aussi parce que l’étymologie grecque du mot fait référence à l’artisan. Un métier qu’il revendique, plus que celui d’artiste.

Quand Michel Onfray parle de Starck

Anatomie de quelques sortilèges, écrits sur Starck. Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition organisée par le Centre Pompidou sur le designer – Centre Pompidou, Paris, 2003.

(…) les objets de Starck parlent, volent, rampent, nagent, glissent, ondulent, susurrent dans le silence et agissent ; ils créent des magies, produisent des envoûtements, génèrent des fascinations étranges ; ils fomentent des faits et méfaits, des transformations d’atmosphères, des aises et malaises ; ils invitent ou tiennent à distance ; ils questionnent et interrogent sans arrêt ; ils forcent, obligent et contraignent. En un mot, ils ne laissent pas indifférents la conscience informée de leur existence par un regard, même furtif. »

Des femmes designers

En 1980, on l’a peut-être oublié, il y a aussi des femmes designers. A commencer par Martine Bedin et Elisabeth Garouste. Et Andrée Putman, créatrice du bureau du ministre de la Culture Jack Lang en 1984, des salles de bains mythiques carrelées en damier noir et blanc de l’hôtel Morgans à New York. Noir et Blanc, ses couleurs. 

Mais aussi, Rena Dumas. C’est elle qui conçoit les boutiques de la cristallerie Saint Louis et les boutiques Hermès. Imaginez 245 peaux d’autruche pour habiller les murs de la boutique historique de la marque. 

ET encore Marie-Christine Dorner, surnommée par Philippe Starck la nouvelle Charlotte Perriand. 

Elisabeth de Portzamparc meuble, quant à elle, le café Beaubourg (autre café parisien incontournable) et encore Antonia Astori, qui signe en 1984 l’aménagement intérieur du spectaculaire show-room rue Etienne Marcel à Paris de Marithé +François Girbaud, les créateurs des jeans délavés (à la pierre ponce), avant l’heure !

Connaissez-vous l’objet des années 80’ le plus vendu au monde ?

Le casse- tête des années 80, le Rubik’cube.

500 Millions d’exemplaires venu. Entre mathématique et design, ce casse-tête baptisé du nom de son inventeur hongrois, Erno Rubik, a déferlé sur toute la planète au cours des années 80. Au départ ce professeur et architecte professeur à l’académie des arts appliqués et du design à Budapest, n’avait qu’un dessin, celui de montrer à ses étudiants comment des pièces pouvaient se mouvoir en trois dimensions sans se désintégrer.

↑ retour au sommaire


Années 80’, si j’étais une école…

Je m’appellerais l’ENSCI, évidemment ! L’École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI-Les Ateliers), la seule école publique en France entièrement dédiée au design industrielle.

L’ENSCI-Les Ateliers, officiellement annoncée en 1983 par François Mitterrand pour devenir l’unique école publique nationale entièrement dédiée à la création industrielle et au design. Parrainée par Jean Prouvé, célèbre architecte et designer français, pionnier de l’architecture industrielle et Charlotte Perriand, architecte et designer française majeure, connue pour son travail moderne et épuré, accueille aujourd’hui plus de 300 étudiants.

↑ retour au sommaire


Années 80’, si j’étais un bâtiment…

Je serais grand, très grand…

Comme une Pyramide, comme un Opéra, comme une grande Arche, comme une grande Halle, comme une Cité, comme l’Institut… Comme les trois grands parcs lancés par le maire de Paris Jacques Chirac, les parcs André-Citroën, Bercy et la Villette. Grand comme la Très Grande Bibliothèque.

Il y avait eu le TGV, le train à Très Grande Vitesse ; il y aura La Très Grande Bibliothèque, quatre tours de verre en forme de « livres ouverts ». Architecte lauréat du concours en 1989 : Dominique Perrault. C’est Le 14 juillet 1988, au détour du traditionnel entretien qu’il donne le jour de la Fête nationale, que François Mitterrand, à peine réélu, annonce la création d’une « bibliothèque d’un genre entièrement nouveau ».

Il y avait eu auparavant la Pyramide du Louvre, signée de l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, inaugurée deux fois, le 4 mars 1988 et le 24 mars 1989, avec une forte controverse du public, des politiques et de tout le tintouin des lamentations des grands argentiers récalcitrants autour du transfert du ministère des finances du Louvre vers Bercy.

Et encore, année commémorative oblige, l’Opéra Bastille, inaugurée le 13 juillet 1989 suivie de La Grande Arche de la Défense. Inaugurée le 14 juillet 1989 lors du bicentenaire de la Révolution française et à l’occasion du G7, initialement nommée « La Grande Arche de la Fraternité ». Tout commence dans les années 80 avec de petites tours plus économes en énergie et plus confortables (Tours Pascal, Voltaire, Descartes). Puis vient le Centre Commercial des 4 Temps, alors plus grand centre commercial d’Europe qui sera inauguré en 1981 par François Mitterrand. Il souhaite terminer la perspective du grand axe historique du quartier de la Défense par un bâtiment ayant une forte portée symbolique. Le projet de la Grande Arche naît alors avec la perspective qu’elle soit posée en 1989 pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française. Que d’inaugurations !

Dans cette décennie, tout est donc grand ou presque grand. A l’exemple de la Place de Catalogne à Paris 14e, où deux immeubles semi-circulaires composés de 574 logements voient le jour entre 1983 et 1986, autour de deux places intérieures. C’est l’œuvre de Riccardo Bofill, qui en région parisienne, transforme la place des Colonnes à Cergy-Pontoise en 1985 après avoir à peine terminé en 1979 la construction des Espaces d’Abraxas à Noisy-le-Grand (Marne-la-Vallée)

A l’exemple de l’Institut du Monde Arabe (l’IMA), avec ses 240 moucharabiehs, imaginé et construit par l’architecte Jean Nouvel, inauguré par Mitterrand le 30 novembre 1987… bien que l’intention soit née pendant le septennat de Giscard d’Estaing dans l’objectif de favoriser les meilleures relations diplomatiques que possible entre la France et les pays arabes !

C’est dire que côté architecture, ça déménage ! Au point que le premier centre municipal consacré à l’architecture de Paris et de sa métropole ouvre ses portes au Pavillon de l’Arsenal en 1988, près de la Bastille.

A l’exemple également de la Place de Catalogne à Paris 14e, où deux immeubles semi-circulaires composés de 574 logements voient le jour entre 1983 et 1986, autour de deux places intérieures. C’est l’œuvre de Riccardo Bofill, qui en région parisienne, transforme la place des Colonnes à Cergy-Pontoise en 1985 après avoir à peine terminé en 1979 la construction des Espaces d’Abraxas à Noisy-le-Grand (Marne-la-Vallée) 

Quant au volume de l’ancienne gare d’Orsay transformée en musée, que dire de plus qu’il a tout à voir avec la démesure et que son aménagement intérieur initial, a dû en tenir compte ! Il fut réalisé par une équipe de scénographes et d’architectes presque tous italiens sous la direction de la designer architecte italienne Gae Aulenti. Avec Italo Rota, Piero Castiglioni (consultant pour l’éclairage), et Richard Peduzzi (pour la présentation de l’architecture), Gae Aulenti s’est attachée à créer dans une grande diversité de volumes une présentation intérieure homogène, à commencer par le revêtement de pierre qui a été choisi pour habiller aussi bien pour le sol que pour les murs.  La signalétique fut conçue par les graphistes Bruno Monguzzi et Jean Widmer, tous deux suisses. 

Et si les designers sont des stars, les architectes sont des archi stars ! Invités dans les journaux télévisés ! Jean Nouvel est interviewé par Ardisson au Palace, la célèbre boîte de la rue Montmartre … Tant mieux car Jean Nouvel est un architecte fêtard ! Les grands travaux présidentiels sont présentés par Bernard Rapp journaliste présentateur du journal télévisé du soir sur Antenne 2 et Christine Ockrent présente au 20 heures la pyramide du Louvre Pei.

Ina : https://www.youtube.com/watch?v=zjAchmoJQdM

Pour la grandeur, on ne lésine sur rien ! Pas même quand il s’agit de faire disparaitre des paysages de banlieues des immeubles un peu trop « concentrationnaires ». Comme la barre Debussy (quel nom pour une cité !) de la Cité des 4000 à la Courneuve qui implosa en direct à la Télé ! Cette première européenne eut lieu le 16 février 1986. 

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/pac00027506/la-courneuve-implosion-de-la-barre-debussy-a-la-cite-des-4000

Quelques perles en images pour la fin !

Partagez cette page
Aucun commentaire

Publier un commentaire